Errances diagonales

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15 ans !

Aujourd'hui ma fille bien aimée a quinze ans. Quinze ans ! Et pourtant c'est comme si c'était hier. Je la revois, si petite, incroyable miracle que nous attendions, sa mère et moi avec tant de joie et d’appréhension.

Elle arrive à cet âge improbable que tous les enfants détestent car il est encore trop loin de l'âge adulte tout en étant si proche et que tous les adultes regrettent car il ouvrait une période incroyable où tout est possible et qui ne revient jamais lorsque nous happe la vie.

Incroyable et brillante petite fille,on pressent déjà l'extraordinaire adulte qu'elle sera. Je suis affirmatif car il ne peut pas en être autrement ! C'est quand même ma fille !

J'admire sa détermination et son incroyable sens de l'organisation. J'admire ses indignations et son analyse, si mure, de notre triste monde. J'admire qu'elle sache ce qu'elle veut avec autant d'assurance, mais qu'elle n'en fasse pas une obligation déjà munie de plan b, c, d et e, juste au cas ou !

Je redoute de la voir devenir une femme car je vois les regards de ses camarades et je sais que bientôt je ne serais plus le centre masculin de son univers.

Je suis si fier d'elle mais quel père ne le saurait pas d'avoir une telle fille.

Joyeux anniversaire, ma fille.

J-3

Plus que trois jours!

Dans trois jours je passe sous le bistouri que j'espère habile du chirurgien pour régler, j'espère aussi, une bonne fois pour toute mon problème de dos.

Je ne peux pas dire que j'attends ça avec impatience. Non, j'attends avec impatience que ce soit fini !

Honnêtement je ne saute pas de joie à l'idée d'une opération chirurgicale et des quelques jours d’hôpital qui vont avec.

J'ai juste très envie de me débarrasser enfin de cette douleur qui m'accompagne en permanence depuis six bon mois.

C'est fou comme cela peut emplir et pourrir la vie. On finit par ne plus penser qu'à ça tout le temps. Même lorsque, grâce aux médicaments, il y a une accalmie, l'absence et l’appréhension du retour deviennent obsédant.

Je déteste ça. Alors j'attends avec impatience que la phase finale démarre pour pouvoir, enfin, passer à autre chose et reprendre le cours des choses.

Plus que trois jours !

Derniers jours.

Je n'ai jamais, de toute ma vie, aimé les derniers jours !

Le dernier jour d'école, le dernier jour des vacances et même le dernier jour dans un travail.

En fait, je n'aime pas les choses qui se terminent. Même si c'est une fin temporaire. Je n'aime pas les fins de saisons des séries.

Lorsque j'étais plus jeune je détestais encore plus ça. Les soirées ou les weekends où tout le monde était là, où l'on avait tous passé un super moment et ce triste instant où il fallait bien rentrer à la maison.

Ouais, j'aime pas les fins. Je ne sais jamais quoi dire, ou quoi faire et , souvent, je reste au bord du départ à échanger encore un dernier mot, une dernière confidence sur le pas de la porte juste pour que ça dure un peu plus longtemps.

Bref, tout ça pour dire qu'aujourd'hui c'est mon dernier jour au boulot pour un long moment et franchement ça me fait chier !

La douleur n'est rien ! Ouais, c'est ça !

La douleur n'est rien. Combien de fois ai-je entendu ça ? Combien de fois l'ai-je dis ? Beaucoup trop souvent en fait !

Car, soyons clair, la douleur n'est pas rien. Elle a même tendance à être tout. La douleur, physique ou mentale prend toute la place. Avoir mal c'est ne plus penser à rien, ne plus rien sentir d'autre que la douleur qui vous vrille.

Bien sur, on peut lutter contre la douleur. L'apprivoiser et même la domestiquer. On peut finir par vivre avec, couple improbable et autodestructeur. Et il peut même arriver que dans un étrange rapport pervers elle soit un moteur qui permet de se dépasser.

Mais, jamais et, même si l'on essaye de devenir un samouraï, un jedi ou simplement un clone de Chuck Norris, non, jamais, la douleur n'est rien !

Le retour du fils de la vengeance

Et voici la quatrième incarnation de ce site.

Le nom de domaine était au bord de l'expiration et je me suis vraiment posé la question de le laisser mourir. Et l'idée m'a fait une petite piqûre à l’ego qui m'a fait renoncer.

En ces temps de média sociaux dévoreurs de temps et d'énergie et finalement tellement vain, existe-t-il encore une petite place pour prendre ce temps et écrire en réfléchissant un peu à ce que l'on dit ?

Je pense que oui. Je vais être honnète : Bien qu'ayant un compte sur la majeure partie des services sociaux les plus connus et sur les autres aussi, je n'ai toujours pas trouvé l'intéret à les utiliser. Je dois être trop vieux ! Elevé à l'école des livres qu'on prend le temps de lire et qui, même si on lit vite, prennent du temps à lire, je n'arrive pas à comprendre ce qui fait l’attrait de ces machines à zapper que son Facebook ou Twitter.

Je crois que c'est surtout ça, en fait ! Le plaisir de prendre son temps, de réfléchir, de commencer à écrire, d'abandonner l'idée, puis d'y revenir pour finalement poster un truc pas vraiment satisfaisant mais qui nous donne quand même l'impression d'avoir fait un effort !

Pas juste des 'like' à la chaine !

Alors voilà ! Pour cette quatrième incarnation des errances diagonales, je vais prendre le temps d'écrire des choses en espérant que quelqu'un, passant par là, prendra le temps de les lire.

Ah oui, encore deux choses. J'ai gardé le nom de domaine historique (tenusia.org) mais j'ai aussi donné au site le domaine qui va avec son nom (errancesdiagonales.com), ce qui est tout de même plus logique. Par contre, j'ai interdit les commentaires sur les articles. Je ne veux pas passer mon temps à faire la chasse au spam. Et je pense qu'il sera plus interessant que les réactions à ce que j'écris m'arrivent par mail.

Bon allez ! Il est temps ! Errons !